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VISITE DES PARCS OSTREICOLES EN CHARS A BANCS |
La Fête de la Mer du 13 Juillet 1997 à Gouville avait fait appel à divers éleveurs de chevaux de trait pour reconstituer le spectacle de l'un des travaux de la mer d'autrefois : la récolte du varech (le "vrais"), à marée basse, sur les rochers de Gouville, et sa remontée dans les bannets attelés d'un ou plusieurs chevaux.
La fête avait rencontré un vif succès.
L'idée avait alors saisi l'un des acteurs, Norbert COULON, que l'on pourrait valoriser l'estran Gouvillais à la belle saison en emmenant les touristes visiter les parcs à huîtres en carrioles attelées.
En accord avec Gérard MACE, ostréiculteur de Gouville, le projet a pris forme : deux carrioles de 27 places chacune ont été construites, en sacrifiant à la modernité; leur chassis est en inox; elles sont dotées de garde-boue. Elles sont prévues pour atteler trois chevaux menés de front, harnachés solidement et en toute salubrité (avec sac à crottin, s'il vous plaît!). Les chevaux ont été entraînés à évoluer en trio, à virer et à tirer une charge importante sur les sols plus ou moins stables de l'estran et
à la remonter par la cale bétonnée. Ce sont principalement des cobs normands, mais aussi des percherons.
Le Samedi 20 Mai 2000, réuni aux ateliers ostréicoles de Gérard MACE, rue de la Mielle, dans le cadre de l'Association nouvellement créée "Attelages et Tourisme en Pays de Coutances", un groupe d'une centaine d'invités assistait, en présence des personnalités du département et du canton, à l'inauguration officielle du projet, concrétisé par la remise publique des chèques de financement à Monsieur Norbert COULON.
On remarquait la présence de Monsieur Jean-François LEGRAND, président du Conseil Général, de Monsieur Erick BEAUFILS, Conseiller général du canton de Saint Malo de la Lande et Maire de Gouville, de monsieur COURTEILLE, responsable du SMET, et de l'équipe dirigeante du CREDIT MUTUEL.
Monsieur BEAUFILS avec Messieurs Norbert COULON et Gérard MACÉ
Devant cet aréopage, défilèrent cinq attelages tirés par un, deux et même trois chevaux.
L'Association a obtenu les aides du SMET pour réaliser ses buts. "Monsieur COURTEILLE a fait le nécessaire et a accordé une somme rondelette" dira Monsieur BEAUFILS dans son discours. L'Europe est intervenue par l'intermédiaire de l'A.D.P.C., accordant une aide équivalente à celle du département. Enfin, l'aide privée bancaire du CREDIT MUTUEL-CREAVENIR, s'est matérialisée par un prêt d'honneur sans intérêt ni garantie, additionné d'une subvention, permettant de finaliser le projet.
Le groupe des personnalités.
Le Président LEGRAND a souligné la fonction d'animation du pays de COUTANCES, résultant de l'initiative de Norbert COULON et de Gérard MACÉ : "Vous faites vivre le pays, car il faut que le pays se fasse par nous et pour nous. La récolte du varech alerte notre nostalgie; la remontée des chevaux dans les charrières de sable, ça parle à nos souvenirs; c'était convivial. Par son caractère ludique et pédagogique, la circulation de vos carrioles attelées va animer la plage. Elle va favoriser la rencontre, sur les parcs, entre producteur et consommateur et contribuer à conforter l'idée de qualité du produit, à rehausser l'image positive des produits de la Manche".
De son côté, le Directeur du CRÉDIT MUTUEL en prenant la parole, devait déclarer que son établissement, dans ses choix, misait sur des hommes, que rien ne se gagne sans travail et sueur humaine, que le projet qui lui avait été soumis avait en outre le mérite d'associer à l'environnement naturel, les travailleurs de l'ostréiculture et, en l'occurence, le travail des animaux de trait amenant les touristes sur les parcs. "On dit que l'huître de GOUVILLE est la meilleure" ajouta-t-il en conclusion.
Invitée ensuite par Gérard et Norbert à déguster huîtres et bulots, l'assemblée se dirigea vers les tables du vin d'honneur.
Puis trois carrioles se remplirent de volontaires pour expérimenter le circuit touristique; la mer finissait de baisser sous un soleil printannier. Pendant une heure environ les cochers et leur assistant manoeuvrèrent les attelages, certains jusqu'au parc à huître des Roquerets; les photographes s'en donnèrent à coeur-joie.
Certaines petites chaussures basses imprudentes prirent l'eau; mais l'eau était déjà tiède, comme il arrive toujours à marée basse en cette saison. Le pas, le trot, le galop, furent tout à tour essayés pour tester la résistance de deux des trois carrioles aux cahots du terrain et aux fondrières sablo-vaseuses.
Les chevaux de la troisième, insuffisamment aguerris peut-être, préfèrent limiter leur effort en ce milieu marin suspect et remonter sagement la cale vers les champs de repos, proches de l'atelier de départ.
"Souvenez-vous que les chevaux ne sont pas des machines, qu'ils ont leur caractère, leurs appréhensions, leurs frayeurs" rappelait Norbert à ses passagers. "Mais en mer, dressés à de saines habitudes, ils sont capables de vous sauver la vie, grâce à leur instinct du danger".
Sur l'estran gouvillais