La SAGA séculaire de l'instruction scolaire à GOUVILLE

1ère PARTIE : Avant le XXème siècle.

Préambule :

Si j'accepte aujourd'hui d'aborder un sujet aussi épineux dans le présent bulletin, c'est que d'autres avant moi, l'ont débroussaillé hardiment par leurs recherches; je pense à Madame VERON, mon institutrice pendant quelques mois en 1939, qui a analysé scrupuleusement les archives municipales de Gouville durant plusieurs années, et a eu accès avant qu'elles ne disparaissent, aux archives paroissiales.

Je citerai aussi l'ouvrage sur "les chemins de GOUVILLE et de LINVERVILLE" où sont recueillies tant d'anecdotes sur les générations couvrant la première moitié du XXème siècle.

Sans en avoir l'air, le sujet est plus ambitieux qu'il n'y paraît, puisque aujourd'hui une partie des archives de la commune est manquante, ainsi que la totalité des archives des trois paroisses qui la composaient. La mémoire des anciens de ma famille est demeurée imprécise sur bien des points et ne me sera que d'une aide épisodique et relative.

Je vais par conséquent m'efforcer de rassembler les dates que des documents existants permettent de recouper, sur l'évolution de l'enseignement, la situation des maisons d'école et chaque fois que ce sera possible, l'identité des maîtres d'école ou instituteurs, des maîtresses d'école ou institutrices, de leur mode de rétribution, des objectifs qu'ils se sont fixés, des entraves qu'ils ont rencontrées, au fur et à mesure des évènements de l'Histoire de notre pays de France et de sa province Normande.

Ce préambule est surtout destiné à prévenir le lecteur que des lacunes ne manqueront pas de subsister; pourtant plutôt que ne rien faire, je cherche à rassembler ce qui reste accessible et à mettre les morceaux du puzzle en chronologie. Sans esprit de polémique, mais avec le souci d'y voir clair, j'aborderai aussi bien l'enseignement public que l'enseignement privé, puisque tous deux se sont côtoyés à GOUVILLE en certaines périodes.

I - Rappel historique en bref :

Le Cotentin, comme les autres régions de Normandie, riche en abbayes et en prieurés, assez vite structuré en paroisses, a semble-t-il très tôt connu des écoles pour les enfants. Le Sire Gilles de GOUBERVILLE, un gentilhomme campagnard du Mesnil-au-Val dans le Val de Saire, dès 1555, note sur ses registres "je donne 15 solds à plusieurs foys, aux enfants qui vindrent chanter des dictiers de Noël céans (1). En 1557, il répète une libéralité analogue à la même période de Noël en précisant que l'argent est donné "aux escoliers qui vindrent chanter des dictiers céans".

L'Abbé TOLLEMER, dans son ouvrage "Analyse du Journal manuscrit d'un sire de GOUBERVILLE" - Tome I - exprime un regret : "Il serait bien à désirer que G. de G. nous eût laissé autant d'indications sur l'état de l'instruction publique, qu'il nous en a donné sur ses lectures...". Mais si G. de G. fait allusion à des écoliers, c'est qu'il existe bel et bien des écoles proches du fin fond du Val de Saire.

Plus près de nous, dans un Aveu en date du 7 Novembre 1611, "Loys d'Argouges, ex. sgr. et baron de GOUVILLE et de la VANDELEE confesse... tenir noblement par foy et hommage lige lad. seigneurie de GOUVILLE..." et suit une longue énumération des propriétés, des terres fieffées et non fieffées, privilèges sur le moulin à eau, droits de garenne et de chasse, privilèges sur les pêcheries, etc... Hélas ! ce document est incomplet; la liste est interrompue. Le Sire d'Argouges, réputé "patron fondateur et honoraire de l'église de lad. par. de GOUVILLE et patron prétendant de deux chappelles fondées près de mon d. manoir dans un seul et mesme édifice, l'une de la Magdalène et l'autre de Saint Maur (2)", laisse peut-être au seul clergé du lieu le soin de l'enseignement à donner aux enfants. En tout cas, il ne revendique aucunement la propriété d'une maison d'école, ni une quelconque implication ou responsabilité dans l'éducation de "ses hommes" ni du reste de la population, ni des enfants dudit village. Apparemment, ça n'est pas son rôle.

Il est reconnu qu'au XVIIème siècle, l'éducation populaire restait peu et mal organisée. La "barronnye" de Gouville illustre bien qu'elle n'était pas en tous cas un souci majeur dans l'organisation de la vie du village. C'est au XVIIIème siècle que commença à s'imposer l'idée que l'éducation ne pouvait rester une simple affaire de famille et qu'elle était aussi l'affaire de l'Etat.

A Gouville, il a été relevé sur les registres paroissiaux par Madame Alice VERON l'existence de :

vers 1709Jean ISABEL "Maistre d'echolle en cette paroisse, custos".

vers 1755 puis en 1780 et 1792 : Jeanne LAJOYE "Maîtresse d'école", décédée en 1804.

vers 1795 Jean René LETURQ, 27 ans, fils de Jean et de Marie GOSSELIN, instituteur, décédé le 20 Fructidor An IX.

A Linverville, sur les registres de la Paroisse, ont été retrouvés les noms d'enseignants suivants :

avant 1788Jeanne ADDE, "Maîtresse d'école", inhumée à l'âge de 52 ans à Linverville en 1788.
avant 1796 Jean PRISTON, "Maître d'école", époux de Jeanne REGNAULT.
avant 1790-1793Jean-Baptiste PRISTON (fils de Pierre) décédé en 1814.

Ces maîtres d'école ou instituteurs exercèrent forcément dans des écoles privées paroissiales, ou dans des familles aisées, mais on n'a pas la certitude pour tous qu'ils furent employés sur place, dans leur paroisse, mis à part Jean ISABEL, à Gouville.

L'idée fit lentement son chemin en France et en 1789, les cahiers des Etats Généraux réclamèrent entre autres la création d'une instruction publique.


L'enseignement primaire gratuit et obligatoire fut décrété en 1793 par la Convention pour les enfants à partir de 6 ans. Mais au niveau des petites communes rurales, l'application d'une décision, aussi importante que généreuse, demandait beaucoup d'argent et du temps pour le financement de bâtiments nouveaux et leur équipement, comme pour la rémunération ensuite du personnel d'enseignement. Le décret ne fut pas appliqué. Après la réaction Thermidorienne, la nation renonça à la gratuité de l'école, puis à l'obligation de la fréquenter.

Bonaparte, même devenu l'Empereur Napoléon Ier, ne s'intéressa pas vraiment à l'enseignement primaire. Il en laissa le soin aux Congrégations religieuses et aux Frères des Ecoles Chrétiennes, sans leur accorder aucune subvention d'ailleurs.

Sous la Restauration, le clergé poursuit naturellement son rôle dans l'enseignement primaire. Mais l'idée de la laïcisation de l'instruction des enfants s'étend de proche en proche : elle opposera durant tout le XIXème siècle, les laïques défenseurs du monopole d'Etat, aux cléricaux qui réclamaient la liberté de l'enseignement. En 1833, la loi GUIZOT accorda cette liberté au niveau du Primaire.

Que représente la commune du "Grand " Gouville en 1833 ?

Une consultation du plan cadastral de 1830 en donne une vision assez exacte. Vous y voyez les trois anciennes paroisses et leurs trois clochers réunis administrativement depuis 1795. Le réseau des chemins est implanté en fonction des impératifs de l'élevage, de l'agriculture, de la pêche côtière, et des commerces qui peuvent en résulter. La rivière est équipée d'un bief qui dérive ses eaux vers la roue à aubes du moulin de Gouville, en pleine activité. Celui-ci est au centre d'une toile d'araignée de
chemins, nécessaires aux producteurs de froment pour apporter leur récolte à moudre.

Un axe nord-sud bien tracé relie le moulin à eau et son village du bord du moulin, au village de la Vasserie, tassé au carrefour, puis de là au village de la Devauderie en MONTCARVILLE, (orthographié Devanderie sur le cadastre) lui aussi concentré à son carrefour, et poursuivant au travers de la Jeannerie rejoint le moulin de GRUCHY à la Goueslinière, où se situe un hameau.

Le moulin de Gruchy, sur le ruisseau de La Trie (peu actif en été) a disparu aujourd'hui. Il est réputé avoir été moulin à foulons. Cet axe porte encore le nom de CHEMIN DE GRUCHY AU MOULIN DE GOUVILLE; il a été encaissé fin 1988 de la route de Coutances à la route de la Vasserie, mais est interrompu entre la Jeannerie et la route de la Goueslinière.

Les autres axes importants relient d'Est en Ouest les différents hameaux de Gouville à la mer, pour permettre les récoltes de varechs et algues diverses, et l'exercice de la pêche. Le chemin de Montsurvent passe depuis l'église de Gouville par ce qui serait aujourd'hui la rue de l'Epine au Rond, la Girarderie, la Croix du Mot, le carrefour de la Sentise, avant de rejoindre les Epaisses sur le territoire de Montsurvent. Il permet de s'acheminer vers les lieux de Foires aux bestiaux, LESSAY, PERIERS, CARENTAN, COUTANCES.

Le chemin de Blainville rencontre un obstacle de taille entre le bourg de GOUVILLE et celui de LINVERVILLE : c'est le passage de la rivière dont le chemin emprunte le lit pendant dix à vingt mètres. Les voitures à chevaux traversent à gué; les piétons traversent sur une "planque". Lorsque la rivière est gonflée par les pluies, la planque part parfois au fil de l'eau et la communication devient extrêmement difficile, laborieuse, voire impossible certains jours; le même inconvénient se reproduit "rue Barré" où la rivière doit être passée à gué sur la "planque aux Gras" et sans doute aux Hougues où le pont de bois étroit essaie de l'enjamber.

Quelle population instruire ? Les premiers enseignants communaux.


Une délibération du Conseil Municipal de la session de Mai 1840 indique le chiffre de 1668 habitants à Gouville. Parmi les enfants de la commune, l'instruction publique s'occupe d'abord des garçons de 6 ans et plus (en principe jusqu'à 13 ans).

Une Loi du 28 Juin 1809 et une Ordonnance Impériale du 16 juillet 1809, font obligation aux communes de l'importance de Gouville, d'entretenir les Ecoles primaires communales. Ces lois étaient précisées par les Circulaires du Préfet de la Manche en date du 30 Juillet 1836 et du 10 Avril 1837, lorsqu'a eu lieu la réunion du Conseil Municipal du 15 Mai 1837 qui "a délibéré :

1°) que le taux de la rétribution mensuelle (à accorder à l'instituteur) sera de Soixante-quinze centimes (par élève et par mois).
2°) que les frais de la location de la maison d'école pour 1838 seront de Quarante francs.
3°) que le traitement fixe de l'instituteur est de Deux cents francs (par an). que le produit des trois centimes additionnel spéciaux pour l'instruction primaire s'élève à 280,71 francs
que la dépense de l'entretien de l'école de garçons est de ........................... 240,00 fr.
que l'excédent des ressources qui est de .................................................... 40,71 fr
pourra être affecté à une école de filles."

Le tableau de recensement de la population de 1831 indique que, déjà à l'époque, un Victor LAISNEY habite avec son épouse, Euphrosine, au Hameau de la "Devanderie". Il a 33 ans. Il serait le premier instituteur communal dont nous ayions connaissance à Gouville. La maison d'école figurait au cadastre de 1830(3). Chaque garçon fréquentant l'école rapporte chaque mois à Victor LAISNEY 0,75 franc.

De 1831, et peut-être avant, jusqu'à sa mort en 1862, Victor LAISNEY habita ce hameau. Le premier bail de location du local proposé par l'instituteur à la commune venait à expiration en 1839, ce qui peut laisser supposer qu'il fut signé en 1830 (bail dit 3 - 6- -9); c'est une délibération du C.M. (3) du 1er Février 1835 qui nous met sur cette voie. Par conséquent, la création de l'école primaire communale de garçons pourrait remonter à 1830 à la Devauderie de Montcarville.

La délibération précitée de 1837 décide le même jour "la création à Gouville d'une école de filles, que les frais de la Maison d'école occupée par l'institutrice seraient pour 1838 de Quarante francs et que le traitement de l'institutrice serait également pour 1838 de 0,71 francs". (Cette dernière somme est vraisemblablement la seule perçue chaque mois par l'institutrice en 1838, mais nous verrons ultérieurement la différence de traitement réservée à l'enseignante par rapport à l'enseignant). L'institutrice reçoit 0,71 francs par élève et par mois, cette somme étant à la charge de la famille de la fille scolarisée.

En 1840, l'école communale de filles existe, à la Devauderie où réside Mademoiselle Euphrosine GIRARD, 35 ans, institutrice. C'est elle qui paie le loyer du local d'école et son traitement annuel est de Quarante francs et parfois de Trente francs seulement. A vrai dire, elle ménage un espace scolaire dans la maison qu'elle habite et qu'elle loue 100 francs par an, dans ses dernières années d'activité. Le traitement restera le même jusqu'en 1856, sous le Second Empire, date à laquelle Euphrosine GIRARD sera amenée à démissionner après 28 ans de loyaux services dans la commune. Elle eut toutefois le bon réflexe de demander "un secours" pour pouvoir continuer à vivre. Le Conseil Municipal, Monsieur LELOUP étant Maire, décida dans sa séance du 18 Novembre 1855 "qu'un secours de cinquante francs sera accordé à Mademoiselle GIRARD et porté additionnellement au budget de 1856. Il exprime à titre de sympathie, le voeu qu'une semblable somme soit votée chaque année dans le même but; il prie Monsieur le Préfet de vouloir bien (sic) réserver à cette ancienne institutrice un secours de cinquante francs sur les fonds départementaux, et de vouloir bien, en outre, appeler sur elle, ainsi qu'il en a témoigné le désir dans sa lettre du 10 Novembre dernier, la bienveillance de son Excellence le Ministre de l'Instruction publique...".

Le métier d'enseignant est vraiment le plus beau métier du monde; celui d'enseignante également. La foi laïque inspirée des philosophes du XVIIIème siècle n'avait rien à envier en noblesse de coeur à la foi religieuse des chères Soeurs de la Miséricorde qui en 1846, avaient repris pied à Gouville à l'école de la Truchonnerie, et du même coup créé une concurrence qui fut fatale à l'institutrice en place, car la Supérieure de l'Abbaye de Saint Sauveur le Vicomte avait demandé la fermeture de "l'Ecole de la Devauderie", trop rapprochée de celle de la Truchonnerie (cf. C.M. du 16/03/1856)

Les Ecoles

De celle qu'utilisa Jean ISABEL, "maître d'écholle et custos" de la paroisse, dans les premières années du XVIIIème siècle, nous ne savons rien. Comme moi, vous pouvez supposer qu'il enseignait, sinon dans l'église même, du moins dans la sacristie ou dans un local du bâtiment du presbytère, pour un petit groupe "d'écholliers" calmes et méritants; puisqu'il fallait leur enseigner la foi, les catéchiser, autant en profiter pour leur apprendre à lire dans le missel de l'Ordinaire des Messes et Offices par exemple, rédigé en latin, et leur expliquer la signification de ce qu'ils lisaient lorsque le texte n'était pas traduit sur le papier. Les grandes familles pieuses des différents hameaux avaient-elles chacune un missel à leur disposition dès cette époque ? Rien n'est moins sûr. Acceptaient-elles de confier à un enfant le précieux livre qui se transmettait de génération en génération, non sans subir les outrages du temps : pages arrachées, écornées, mouillées d'intempéries imprévisibles, tachées de larmes aux obsèques familiales, etc...? C'eût été bien étonnant. Certes on voit mal le custos entouré d'une bande d'enfants turbulents tenant école dans un esprit d'égalité, dans un espace restreint, avec des moyens dérisoires.

L'enseignement était sans doute essentiellement oral. L'échollier chantait les lettres, puis les mots, puis les chants et cantiques; il chantait les chiffres, les nombres, et quelques opérations sur les nombres. Quant aux mesures de longueur, de surface, de capacité, de poids, de volume, etc... en vigueur à l'époque, Jean ISABEL avait-il le temps d'en parler ? D'en parler en langage normand du pays de COUTANCES, bien évidemment, s'il voulait être entièrement compris ?

L'Ecole de la DEVAUDERIE

Les bâtiments en existent toujours au numéro 67 de la route de Montsurvent (3); ils ont été heureusement transformés. Victor LAISNEY, maître de pension, les habite avec son épouse et ses propres enfants. C'est lui qui propose un local au Conseil municipal de la commune de Gouville pour en faire une école de garçons. De par l'importance de sa population, Gouville a l'obligation d'ouvrir une école publique pour l'instruction des enfants mâles. Que le local soit situé sur l'ancienne paroisse
de Montcarville n'est pas la solution idéale, mais puisqu'aucun autre n'est disponible au centre du village, il faut s'en contenter momentanément.

L'école communale de garçons va fonctionner à cet endroit depuis 1830 environ jusqu'à 1856, date à laquelle la construction d'une école neuve plus centrale sera terminée, au milieu des champs, à proximité du carrefour du chemin de la Garenne et du chemin du Moulin de Gouville au bourg de Gouville.

A la Devauderie, les garçons apprennent à lire, à écrire à l'encre, à compter, moyennant le paiement à l'instituteur de la rétribution mensuelle de 75 centimes par élève. A partir de 1845, un maximum de 20 élèves est admis gratuitement.

Euphrosine GIRARD, institutrice, née en 1805, est recensée à la Devauderie dès 1841 (indépendemment d'une autre Euphrosine recensée elle, dès 1831, épouse de Victor LAISNEY). Elle s'occupe de l'école des filles que le Conseil municipal a décidé d'établir à partir de 1838.

Y-a-t'il eu erreur ou confusion de l'agent de recensement ? Euphrosine GIRARD était-elle déjà domiciliée à la Devauderie dès 1831 ? D'après le registre des délibérations du Conseil Municipal, elle aurait, nous l'avons vu plus haut, assuré son service avec dévouement pendant 28 ans à Gouville. Cette délibération étant datée de 1856, son service aurait débuté en 1828 et dès 1831, elle pouvait être recensée à la Devauderie.

L'école des filles aurait dans ce cas été tenue bénévolement par Euphrosine GIRARD pendant une dizaine d'années (1828-1838) sans aucune indemnité ni aucun traitement de la part de la commune, comme si elle utilisait les locaux déjà loués pour l'école des garçons, ce qui n'était pas le cas, car deux corps de bâtiment séparés ont été construits en mitoyenneté : la maison de Victor LAISNEY à l'est, la maison dite Maison LEGIONNET à l'ouest. Elles avaient chacune un puits séparé. En fait, pour scolariser les filles de GOUVILLE à l'égal des garçons, elle aurait accepté de commencer à remplir sa mission d'institutrice en renonçant provisoirement mais volontairement, au traitement auquel elle pouvait prétendre. Comme on le voit, le provisoire dura dix ans.

Quel genre d'enseignement reçoivent les filles fréquentant cette école ? Lecture, écriture, calcul, arts ménagers ? Qui en profite ? Les filles dont la famille est capable de payer la rétribution mensuelle de 71 centimes, puis à partir de 1845 celles qui sont admises gratuitement.

En 1856, Euphrosine GIRARD, à l'âge de 51 ans, donne sa démission.

Elle s'est bien battue pour la cause féminine et l'instruction des filles.

Les bâtiments du hameau de la Devauderie, à MONTCARVILLE.

L'Ecole des Garçons de Gouville

Le Conseil municipal décide en 1838 la construction d'une école de garçons. Pour la bâtir, il achète en 1841 un terrain aux époux LEFRANCOIS, situé au lieudit "La Garenne", d'une contenance de 12 perches environ et cela coûte à la commune 1 300 francs. Les travaux sont confiés à Monsieur BEAUQUESNE à Coutances. Le devis s'élève à 10.710 francs plus 2.690 francs. Le bâtiment comprend un rez-de-chaussée surélevé de trois marches et un étage, protégé par des combles éclairés par une double mansarde en chien-assis. Deux cheminées monumentales chaufferont les salles. C'est le grand bâtiment qui sert aujourd'hui d'école primaire dont la façade septentrionale s'ouvre sur le terre-plein triangulaire, décoré par la stèle de l'écrivain et ancien maire de Gouville, Eléonor DAUBREE, à l'amorce de la rue de l'Ancienne Poste.


Initialement Mairie et Ecole de Garçons à une classe, ce bâtiment dans sa partie centrale, devint par la suite
Ecole de Garçons à deux classes, avant d'être Ecole des Filles puis aujourd'hui une partie de l'Ecole
Elémentaire Mixte de Gouville sur Mer.


Vers 1850, la Mairie de GOUVILLE s'installe au rez-de-chaussée de l'école, dans l'une des pièces. Qui fut le premier instituteur à s'installer dans l'école ? D'après le tableau de recensement, le seul enseignant présent dans la commune en ces années est toujours Victor LAISNEY. Il habite toujours la Devauderie, mais peut très bien atteindre l'école de la Garenne en un quart d'heure de marche à pied. Nombre des élèves ont des distances autrement plus longues à parcourir pour s'y rendre.
Toutefois si l'on admet que le lieu de sa résidence figurant sur les états de recensement à partir de 1861, mentionné "hameau de l'église" et que ce hameau inexistant en 1830, s'est peu à peu formé depuis une vingtaine d'années le long du chemin allant du moulin de Gouville au bourg, alors il se peut qu'il loge à l'étage de la nouvelle école des garçons depuis quelques années lorsque la mort le surprend.

L'Ecole de Filles de la Truchonnerie

Les difficultés qu'éprouve le Conseil municipal de Gouville pour établir un budget convenable pour la création d'une école de filles trouvent en 1846 une solution qui tient de la providence, semble-t-il. L'abbé YBERT, ancien curé de CANISY a écrit au Maire de Gouville, Toussaint DAUBREE, qu'il désirait faire donation à la commune : "1° - d'une maison avec cour, grange et jardin et d'une rente perpétuelle de 200 francs, qui seraient consacrées uniquement et pour toujours à l'établissement
d'une école de filles, laquelle serait tenue et dirigée par deux religieuses dites Soeurs de la Miséricorde établies légalement à Saint-Sauveur le Vicomte". (2) Le temps de régler les modalités pratiques de la donation et de faire quelques aménagements à la maison de la Truchonnerie, les filles de Gouville vont trouver, à partir de 1852-1856, deux éducatrices religieuses pour leur enseigner toutes les prières du rite catholique, la lecture, l'écriture, le calcul, la couture et autres connaissances de base; elles s'appellent Soeur Romphaire née en 1821 et Soeur Hylberte née en 1831. Vivant à la Truchonnerie, elles sont enregistrées sur le tableau de recensement de la population dès 1856.

ce coquet bâtiment s'est greffé sur celui qui fut Maison d'école des Filles de la Truchonnerie à GOUVILLE.


Suivant le voeu de l'abbé YBERT, elles appartiennent à l'ordre des Soeurs de la Miséricorde, viennent de Saint-Sauveur le Vicomte où elles reçoivent, après avoir prononcé leurs voeux, une formation d'enseignantes, spécialisées dans l'éducation féminine. Dès lors, la Mairie de Gouville, après avoir marqué "sa plus vive reconnaissance" au généreux donateur, se considère comme délivrée, en quelque sorte, du fardeau qu'aurait impliqué la construction d'une école de filles. Les bâtiments très restaurés existent toujours au n° 15 de la rue de la Truchonnerie, appelée également autrefois, rue des Soeurs.

Bien des arrière-grand-mères ou des grand-mères des anciens de Gouville ont fréquenté l'école de la Truchonnerie et, il faut le reconnaître, s'en sont bien trouvées. Ce fut le cas de ma grand-mère, Thaïse SALMON, de sa soeur Rose SALMON, ainsi que de ma grand'tante Augustine LAISNEY, qui en parlaient avec respect. Bien entendu, elles n'avaient pas connu les premières soeurs fondatrices, mais les suivantes, travaillant toujours par deux. Pour ce qui est du personnel enseignant, le Conseil municipal vote pour 1857 un crédit de 300 francs pour l'institutrice communale de l'école de filles (200 francs de la rente Ybert plus 100 francs produit de la rétribution scolaire).

Après un demi-siècle environ de service, l'école de la Truchonnerie dut fermer ses portes à la suite de l'interdiction faite en 1904 aux Congrégations religieuses de tenir des écoles de caractère public. Par la suite, les bâtiments furent loués à usage d'habitation. Thaïse SALMON, devenue Madame LECARDONNEL, y éleva ses premiers enfants pendant la guerre de 1914-1918. Ses trois filles aînées racontaient que dans une salle annexe à la maison, celle qui avait servi de classe, le tableau noir occupait encore le mur du fond de la pièce.

Particularité et particularisme de LINVERVILLE


Et pendant ce temps, que faisait la rivière du moulin de Gouville ? Elle continuait de couler, et de couler particulièrement dans le chemin de Blainville. Cela motivait les réclamations des parents d'élèves du secteur de "l'Inverville", dont les enfants devaient triompher du cours d'eau chaque fois que sa crue dépassait le niveau franchissable par la "planque forteune", la fameuse planche fortune jetée comme un pont au dessus de l'eau courante, pour gagner les écoles. D'après le nom de cette passerelle, on devine que la bonne fortune favorisait ceux qui étaient dotés d'un parfait équilibre et arrivaient bien secs de l'autre côté. Lorsque la planche était submergée, fallait-il atteler la jument tous les matins pour mener gamins et gamines sur l'autre rive, alors que le cultivateur avait à faire ailleurs et à une autre heure que celle de l'ouverture de la classe ? Fallait-il bâter le quéton au risque de le voir figé, têtu comme un âne, au milieu du gué avec le gars ou la fille sur le dos ? Le plus sûr chemin était sans doute encore d'aller franchir la rivière au Moulin de Gouville où l'accès devait être mieux aménagé, mais quel détour pour ceux du chemin Bouleng, du Hameau Noël et des Hougues !

Aussi les Conseillers municipaux représentant LINVERVILLE, enclavée à la saison humide entre Gidron et rivière du Moulin, réclamaient-ils depuis longue date la création d'une école de garçons, puis d'une école de filles, sur le territoire de leur paroisse, toujours active.

Ecole de garçons de LINVERVILLE

Une école libre de garçons a été établie rue de Linverville dans les maisons LEGRAS (aujourd'hui n° 32) vers les années 1850. La tradition rapportée par Madeleine LAISNEY-LA HERONNIERE est ainsi exprimée (5) :

"Ensuite, à main droite, les maisons LEGRAS dont la partie à l'ouest, le dos à la route, fut occupée par l'école des garçons au milieu du siècle dernier, avant que celle-ci n'émigre dans l'école neuve et mixte de la rue Barré. On y entrait par la porte donnant sur la rue, maintenant condamnée. Une planche passait sur le ruisseau. L'école était en haut d'un escalier, à l'étage. C'est en cette maison que termina sa vie Mademoiselle Virginie DOUBLET, née en 1833, institutrice, après avoir tenu l'école. Elle y avait eu pour élèves les deux soeurs MOTTIN dont l'une devint Madame LETOURMY".

En fait, lassés de demander à l'amiable, verbalement, aux élus dont la plupart résidaient à Gouville et à Montcarville, de répondre à leur besoin "d'établissement scolaire de proximité" comme nous dirions aujourd'hui, les habitants de la section de Linverville, le 23 Octobre 1855, rédigèrent une pétition et l'adressèrent au Préfet de la Manche, qui en fit part au Maire. Elle exprimait le désir d'ouvrir une école mixte dans ladite section :

"Le Conseil municipal consulté (le 18 Novembre 1855), la majorité a été qu'il existe une école communale de garçons au centre de la commune, suffisante pour l'éducation des enfants des trois sections, dirigée par un instituteur très capable qui depuis plus de vingt cinq ans en exerce les fonctions".

Il s'agit vraisemblablement de Victor LAISNEY qui, si l'on en croit la durée annoncée, aurait bien débuté à l'école de la Devauderie vers 1830.

Après cette fin de non recevoir,
tout à fait compréhensible
d'ailleurs, la balle était dans le
camp de LINVERVILLE, qui
s'organisa à son gré et créa son
école libre. Les garçons étant
logés, restait à loger les filles.
D'où l'idée d'une ouverture
d'école mixte, car le local d'école
pour les garçons ne semblait pas
donner toute satisfaction.

Ecole des garçons de LINVERVILLE vers 1850. La porte d'entrée

L'Ecole mixte de LINVERVILLE


La fabrique de LINVERVILLE (fabrique de chapeaux de paille), trouva une solution en mettant à la disposition des Linvervillais une maison qu'elle possédait rue Barré. Cette maison existe toujours, elle porte aujourd'hui le n° 12. Elle est située à main gauche de la rue après l'embranchement de la rue du Hameau Noël. Nous ne connaissons pas la date précise de son ouverture, mais sa première institutrice aurait été Mademoiselle CARFEUIL, suivie de Mademoiselle MARESCQ (née en 1855), de Mademoiselle Marguerite LEROY, de Mademoiselle NICOLLE et enfin Madame BROCHARD.


L'école mixte de LINVERVILLE a été créée par une décision du Conseil Départemental de l'Instruction publique du 7 Mars 1856. Le Conseil municipal de GOUVILLE refusa donc de s'en occuper et de donner le moindre avis sur ses modes de gestion, pas plus que sur la qualification de ses institutrices (C.M. du 16 Mars 1856); Il refusa longtemps de rémunérer le personnel. Mais en 1866, sous le Second Empire, la Municipalité prit en compte (04/02/1866) le traitement de l'institutrice de l'école mixte pour l'exercice 1867.

Ecole mixte de LINVERVILLE, rue Barré, jusqu'en 1911.


L'école mixte de LINVERVILLE ferma ses portes à la veille de la guerre de 1914-1918, faute d'un effectif suffisant, exactement à la rentrée de 1911. "Les parents en grand nombre avaient mis leurs enfants à l'école de Gouville à cause de l'incapacité de la maîtresse qui, entre autres, occupait les filles à découdre de vieux chapeaux de paille" (6).

Les institutrices dans les familles


Les tableaux de recensement de la population de Gouville font apparaître qu'une autre catégorie d'institutrices vit dans la commune. Elles sont recrutées et rémunérées, au XIXème siècle, par différentes familles qui souhaitent que leurs enfants soient éduqués en privé, séparément des autres, afin d'atteindre plus vite des niveaux de connaissances tels qu'ils puissent accéder facilement aux études secondaires, puis aux universités.

Ainsi sont recensées :

- Hortense LECOEUR, 27 ans, en charge d'éduquer deux élèves à la Goueslinière, dans la famille LELOUP-RAPILLY.
- Alexandrine LEGUENIER, 26 ans, en charge d'éduquer au Hameau de l'Eglise à Montcarville, cinq élèves, dans la famille OZERAY-YBERT.
- Adèle LEHUBY, 24 ans, puis Julie TREGUILLY, 50 ans, avec six élèves à éduquer à la Pajoterie, dans la famille JOURNEAUX-LAISNEY.

Cette pratique se poursuivra durant le début du XXème siècle.

Grâce à une subvention de l'Etat Impérial destinée à procurer du travail aux travailleurs indigents inoccupés, le Conseil Municipal peut procéder à une amélioration attendue depuis longtemps. Le pont sur la rivière dans le chemin n° 6 entre Gouville et Linverville fut décidé de construire fin 1855 et réalisé peu après; celui de la rue Barré date sans doute de la même époque. La Mairie, les écoles, l'église, les commerces du bourg deviennent alors beaucoup plus accessibles pour la population de
LINVERVILLE.

En 1865, apparaît une seconde modification importante de la voirie. La route de Coutances part désormais en ligne droite depuis le bourg de Gouville, au pied de l'escalier de l'église, et rejoint l'ancienne route, aux Pallis, à l'intersection de la rue de LINVERVILLE après avoir traversé la rivière du Moulin de Gouville sur un large pont de pierre. La route est solidement empierrée, encaissée de fossés. Elle a coupé en deux parties la plupart des parcelles cadastrées en 1830 et modifié quelques exploitations agricoles. Mais elle apporte un confort évident pour les charrettes, les banneaux et les moyens de transport que va développer le progrès technique. Il a fallu cinq années pour la construire.

A la fin de la guerre, en 1918, la scolarité semblait réunie à proximité du centre de GOUVILLE, rue de la Garenne, mais comment en étions-nous arrivés là ?

L'école des Filles de Gouville pose à nouveau des problèmes


Organisé en France plus tard que celui des garçons, l'enseignement primaire des filles, décidé dès 1836, resta plusieurs années facultatif. En 1850, il devint obligatoire pour toutes les communes de 800 habitants et plus. Nous avons vu naître à Gouville l'école de la Truchonnerie vers 1852-1856 et c'est celle que la Municipalité d'alors considère comme l'école des filles légale. C'est en sa faveur qu'est votée la subvention dès 1857. Nous sommes sous le Second Empire. La Loi GUIZOT de 1833 accordant la liberté d'enseignement est toujours en vigueur.

Le Ministre Impérial de l'Instruction publique Victor DURUY (1811-1894), par une loi de 1867, organise véritablement l'enseignement primaire féminin en même temps qu'il prend des mesures pour assurer la gratuité du primaire aux deux tiers environ des enfants scolarisés, qu'ils soient fille ou garçon. Il y aura donc des "gratuits" et des "gratuites" admis dans chaque établissement primaire communal et c'est l'autorité préfectorale qui en fixe les quotas. Lorsque les communes pauvres ne
peuvent financer les dépenses de personnel qui auraient du incomber aux parents d'élèves gratuits, elles font appel aux finances publiques.

On voit comment peu à peu l'Etat subvient au paiement d'une partie des émoluments des enseignants primaires. La IIIème République s'attachera à normaliser l'instruction publique. Toutefois il faudra attendre la victoire définitive des Républicains à partir de 1879 pour que progresse, par voie législative, la laïcisation intégrale de l'enseignement public du primaire au supérieur, (lois de 1881, 1882 et 1886), sous les ministères de Jules FERRY et de Paul BERT. Fait important pour la Municipalité Gouvillaise : à partir de 1889, l'Etat se charge de payer les traitements des enseignants. Est-ce devenu un problème pour l'Etat Républicain de payer un traitement directement à des religieuses ou à leur Congrégation ? En tout cas, à Gouville, l'école communale des filles n'est plus tenue par les religieuses après 1899, mais par des enseignants et enseignantes laïques.

Par un coup d'éclat qui ébranle l'opinion, le gouvernement d'Emile COMBES en 1904 prononça l'interdiction des Congrégations enseignantes. A Gouville l'école des filles de la Truchonnerie peut encore être considérée comme école publique; les religieuses se sont retirées de l'école avant cette date. Les institutrices qui les remplacent se nomment Eugénie SUZANNE et Angèle JOURDAN. Elles sont assistées d'un jeune instituteur public de 24 ans, Joseph SUZANNE. Mais les héritiers YBERT intentent un procès à la commune, pour non respect des conditions de la donation et le gagnent.

Et le Conseil municipal et son Maire, aux prises depuis les années 1875-1880 avec les demandes d'extension des écoles existantes en raison de l'essor démographique, et soudain menacés de perdre leur école de filles, prennent un certain nombre de décisions. En effet, en 1881, à l'école des garçons il y a 84 élèves pour un seul maître. Celui-ci convainc le Conseil Municipal de demander la création d'un poste d'adjoint. Il propose provisoirement de diviser la classe existante en deux parties en attendant la construction d'une autre classe. En 1882, la Municipalité aurait fait l'acquisition de la maison d'école de Linverville, rue Barré, comme solution provisoire. En 1883, la Municipalité demande la création d'un poste d'adjointe à l'école des filles de
GOUVILLE, car il y a 90 élèves pour une seule maîtresse. Mais en 1886, la loi de laïcisation obligatoire des écoles remet en cause cette demande.

En 1885, nouvelle offensive de la démographie chez les garçons : 110 élèves doivent être enseignés dans le local existant. On peut dire que l'école primaire publique rencontre à Gouville un réel succès sous la III ème République.

En 1887, la commune décide de faire l'acquisition de l'immeuble FASTOUT qui s'est bâti à proximité de l'école des garçons après 1850. Et la Mairie va déménager dans cette maison pour laisser la place à une seconde classe de l'école des garçons. L'adjoint à l'instituteur alors en poste, Pierre LAROSE, se nomme Emile HAMEL, et sera remplacé dans l'année par Auguste DELACOUR. Il faut aussi songer à loger l'instituteur principal sur place. Des aménagements de la maison FASTOUT et de ses dépendances sont exécutés dès 1890.

En 1900, la commune loue aux consorts CROULEBOIS, héritiers ou acquéreurs des biens de l'abbé YBERT, l'école des filles de la Truchonnerie, pour trois ans, se donnant ainsi le temps de construire du neuf. La même année, elle fait dans ce but l'acquisition des biens DURAND, limitrophes de l'école des garçons, ajoutant au patrimoine communal une maison et deux parcelles de terrain, le tout pour le prix de 2 000 francs.

Ainsi s'achève le XIXème siècle dans la préparation de ce que sera le siècle suivant.

Pierre Richer.



Dans un prochain numéro du bulletin, sera développée l'évolution des écoles de GOUVILLE durant le XXème siècle.

Bibliographie :

- Analyse par l'abbé TOLLEMER du journal manuscrit d'un Sire de GOUBERVILLE,
gentilhomme campagnard.
- " Les Chemins de Gouville et de Linverville " - Madeleine LAISNEY- LA HERONNIERE.
- Registres des délibérations du Conseil Municipal de GOUVILLE.
- Cahiers et notes relevées dans les archives municipales et paroissiales par
Madame Alice VERON, ancienne institutrice, adjointe à l'école des garçons de GOUVILLE.
- Bulletin d'Information municipal n° 9 - 28 juillet 1994.
- Archives Régionales de ROUEN - extrait manuscrit d'un AVEU recueilli par la famille
LECARPENTIER.
- Dictionnaire Encyclopédique d'Histoire - Michel MOURRE.



Notes :
(1) Je donne 15 sous en plusieurs fois aux enfants qui vinrent chanter ici des chants de Noël. (C'était leur façon de demander des étrennes).
(2) Dans toutes les citations placées entre guillemets, les termes relevés ont été transcrits en respectant l'orthographe du document. Si le lecteur y trouve des fautes, c'est que le tabellion, le secrétaire ou le clerc les avaient commises à l'époque.
(3) Elle a longtemps été connue sous le nom de Maison LEGIONNET. Une Marie LEGIONNET a d'ailleurs épousé un instituteur, Eugène GAFFRE, successeur à l'école communale des garçons, de Victor LAISNEY décédé en 1862.
(4) C.M. - abréviation pour Conseil Municipal ou délibération du Conseil Municipal.
(5) Les Chemins de GOUVILLE et de LINVERVILLE - Madeleine LAISNEY-LA HERONNIERE.
(6) Opinion rapportée par Madeleine LAISNEY-LA HERONNIERE - Les Chemins de Gouville et de Linverville.